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	<title>La Citrouille masquée &#187; Anthropologie</title>
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	<description>Parapsychologie, Anthropologie, Psychologie, Ufologie etc</description>
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		<title>Sorciers et psychanalyse par Claude Lévi-Strauss</title>
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		<pubDate>Sun, 12 Sep 2010 18:28:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Citrouille masquée</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Auteur : Claude Lévi-Strauss Article publié au Courrier en juillet-août 1956 Parallèles entre les rituels chamanistiques et les psychothérapies modernes. Source : Le courrier de l&#8217;Unesco La cure du chamane n’est pas une quelconque magie : c’est l’analogue de la démarche du psychanalyste freudien. Alors que l’Europe pratique l’enfermement des fous, les peuples sans écriture ont [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Auteur : Claude Lévi-Strauss</p>
<p><em>Article publié au <em>Courrier</em> en juillet-août 1956<br />
Parallèles entre les rituels chamanistiques et les psychothérapies modernes.</em></p>
<p>Source : <a href="http://portal.unesco.org/fr/ev.php-URL_ID=41827&amp;URL_DO=DO_TOPIC&amp;URL_SECTION=201.html">Le courrier de l&#8217;Unesco</a></p>
<p>La cure du chamane n’est pas une quelconque  magie : c’est l’analogue de la démarche du psychanalyste freudien. Alors  que l’Europe pratique l’enfermement des fous, les peuples sans écriture  ont découvert le pouvoir guérisseur du mythe.</p>
<p>À la plupart d’entre nous, la psychanalyse apparaît  comme une conquête révolutionnaire de la civilisation du XXe siècle ;  nous la plaçons sur le même plan que la génétique ou la théorie de la  relativité. D’autres, plus sensibles sans doute au mauvais usage de la  psychanalyse qu’à son véritable enseignement, persistent à la considérer  comme une extravagance de l’homme moderne. Dans les deux cas, on oublie  que la psychanalyse n’a fait que retrouver, et traduire en termes  nouveaux, une conception <span id="more-710"></span> des maladies mentales qui remonte probablement  aux origines de l’humanité et que les peuples que nous appelons  primitifs n’ont pas cessé d’utiliser, souvent avec un art qui étonne nos  meilleurs praticiens.</p>
<p>Il y a quelques années, des  ethnologues suédois ont recueilli et publié un très long rituel de  guérison employé chez les Indiens Cunas de Panama, dans les cas  d’accouchement difficile. Ce rituel consiste en un récitatif que le sorcier de la tribu – ou, comme disent les  spécialistes, le chaman – déclame devant la patiente et pour son  bénéfice. Il lui explique que son mal provient de l’absence momentanée  de l’âme qui préside à la procréation ; car les Cunas croient en  l’existence d’une multitude d’âmes, chacune préposée à une fonction  vitale particulière. Cette âme a été attirée dans l’au-delà par des  esprits malfaisants ; le sorcier raconte à la malade, avec un grand luxe  de détails, comment il entreprend un voyage surnaturel à la recherche  de l’âme perdue ; quels obstacles il rencontre ; à quels ennemis il  s’oppose ; comment il les domine, par la force ou par la ruse, avant  d’atteindre la prison de l’âme captive, pour finalement la libérer et  lui faire réintégrer le corps souffrant et étendu.</p>
<h3>La cure chamanistique, précurseure de la psychanalyse</h3>
<p>Analysons  brièvement les caractères de cette cure, dont nous n’avons aucune  raison de supposer qu’elle ne soit pas efficace, au moins dans certains  cas. Son premier caractère tient à sa nature purement  psychologique :  pas de manipulation du corps de la malade, pas de drogues. Le sorcier ne  fait que parler, ou chanter ; il s’en remet au seul discours pour  induire la guérison. En second lieu, le traitement implique un  tête-à-tête entre deux personnes : malade et médecin, ce qui ne signifie  pas, comme nous le verrons dans un instant, que les autres membres du  groupe social ne puissent former un auditoire. Or, de ces deux  personnes, l’une – le sorcier au pouvoir reconnu par la tribu entière –  incarne l’autorité sociale et la puissance de l’ordre ; l’autre – le  malade – souffre d’un désordre que nous appellerions physiologique, mais  qui apparaît aux indigènes comme l’effet d’un avantage arraché par la  société des esprits à celle des humains.</p>
<p>Puisque ces deux sociétés  doivent être normalement alliées, et que le monde des esprits est de  même nature que celui des âmes assemblées dans chaque individu, il  s’agit vraiment, dans la pensée indigène, d’un désordre sociologique  provoqué par l’ambition, la malveillance ou la rancune des esprits,  c’est-à-dire par des motivations de caractère psychologique et social.  Enfin, en exposant les causes de la maladie, et en racontant ses  aventures dans l’au-delà, le sorcier évoque, chez son auditoire, des  représentations familières empruntées aux croyances et aux mythes qui  sont le patrimoine du groupe social tout entier. D’ailleurs, c’est en  assistant à de telles cures, qui ont un caractère public, que  l’adolescent s’initie en détail aux croyances collectives.</p>
<p>Plusieurs  caractères qui viennent d’être relevés ressemblent étrangement à ceux  d’une cure psychanalytique. Dans ce cas aussi, la maladie est considérée  comme ayant une origine psychologique et le traitement appliqué est  exclusivement de cette nature. Par des symptômes qu’il ne peut  maîtriser, ou plus simplement par le trouble de son esprit, le malade se  sent exclu du groupe social et fait appel au médecin, dont l’autorité  est sanctionnée par le groupe, pour l’aider à s’y réintégrer. Enfin, la  cure vise à extraire du malade le récit d’événements enfouis dans son  inconscient, mais qui, en dépit de leur ancienneté, continuent à régir  ses sentiments et ses représentations. Or, qu’est-ce qu’une histoire  assignée à une époque très ancienne, si ancienne souvent, que même son  souvenir est perdu, mais qui continue, cependant, à expliquer – mieux  que des événements plus récents – les caractères de ce qui se passe  actuellement ? Très exactement, ce que les sociologues appellent un  mythe.</p>
<h3>Convergences et divergences</h3>
<p>La grande  différence entre une cure chamanistique comme celle que nous venons  d’analyser, et une cure psychanalytique, tient donc au fait que dans le  premier cas le médecin parle tandis que, dans le second, ce soin est  dévolu au patient ; on sait qu’un bon psychanalyste reste pratiquement  muet pendant la plus grande partie de la cure ; son rôle est d’offrir au  malade la stimulation de la présence d’autrui, on pourrait presque dire  la provocation, afin que le malade puisse investir cet « autre »  anonyme avec toute l’hostilité dont il se sent inspiré. Mais, dans les  deux cas, la cure consiste bien dans la production d’un mythe, avec  cette différence que, chez les Cunas, il s’agit d’un mythe tout fait,  connu de tous et perpétué par la tradition, que le sorcier se contente  d’adapter à un cas particulier ; disons, pour être plus précis encore,  de traduire dans un langage qui ait un sens pour le malade et lui  permettant de nommer, et donc de comprendre – peut-être ainsi de dominer  – des douleurs qui étaient jusqu’alors inexprimables, au propre et au  figuré.<br />
Dans la psychanalyse, au contraire, le malade a la charge  d’élaborer son propre mythe. Mais, si l’on y réfléchit un instant, la  différence n’est pas si grande, puisque la psychanalyse ramène l’origine  des troubles psychiques à un très petit nombre de situations possibles,  entre lesquelles le malade n’a guère que la liberté de choisir, et qui,  toutes, se rapportent aux premières expériences de la vie et aux  relations du jeune enfant avec son entourage familial. Ici aussi, c’est  quand le malade sera arrivé à traduire des troubles inexprimables ou  inavouables (cela revient au même), dans les termes d’un mythe approprié  à son histoire particulière, qu’il se sentira libéré. (…)<br />
Après le  rapprochement qui précède, nous ne nous étonnerons pas que certains  psychologues très avertis, visitant des sociétés indigènes pour mener  des enquêtes à l’aide des plus modernes procédés d’investigation, se  soient trouvés de plain-pied avec les sorciers indigènes, et même  parfois, surpassés par eux.<br />
Telle fut l’aventure, si joliment  racontée par le psychologue et anthropologue Kilton Stewart, dans un  ouvrage récent intitulé : <em>Pygmies and Dream Giants (Les Pygmées et les Géants du rêve</em>,  New York, 1954). Il s’était rendu chez les Négritos, ou Pygmées,  habitants très primitifs de l’intérieur des Philippines, pour étudier  leur structure mentale par des méthodes voisines de celles de la  psychanalyse.</p>
<p>Non seulement les sorciers du groupe le laissèrent faire,  mais ils le considérèrent aussitôt comme un des leurs ; mieux encore,  ils intervinrent d’autorité dans ses analyses, en spécialistes  compétents et parfaitement au courant des techniques utilisées. J’ai  souligné tout à l’heure le caractère public des cures chamanistiques.  Tous les membres du groupe acquièrent ainsi progressivement la croyance  que leurs propres malaises, quand ils viendront à les éprouver, relèvent  des mêmes procédés que ceux qu’ils auront si souvent vu appliquer.  D’autre part, prévoyant toutes les étapes de la cure, ils y  participeront volontiers, les scandant de leurs encouragements, aidant  le malade à rassembler ses souvenirs.</p>
<p>Comme le remarque à ce  même propos K. Stewart, nous ne sommes plus sur le terrain de la  psychanalyse, mais sur celui de l’un de ses développements récents : la  psychothérapie collective, dont l’une des formes les plus connues est le  psychodrame, où plusieurs membres du groupe acceptent de figurer les  personnages du mythe du malade, pour aider celui-ci à mieux se le  représenter et pouvoir ainsi pousser sa tragédie jusqu’au dénouement.  Cette participation n’est possible qu’à condition que le mythe du malade  offre déjà un caractère social. Les autres réussissent à y participer  parce qu’il est aussi le leur, ou plus exactement parce que les  situations critiques auxquelles notre société expose l’individu sont,  très largement, les mêmes pour tous.</p>
<h3>La transfiguration bénéfique du trouble en œuvre d’art</h3>
<p>On  voit donc combien illusoire est le caractère, intime et personnel, de  la situation oubliée que la psychanalyse aide le malade à se remémorer.  Même cette différence avec la cure chamanistique, que nous avions  retenue tout à l’heure, s’évanouit. <em>« Comme à Paris et à Vienne,</em> écrit K. Stewart, <em>les  psychiatres négritos aidaient le malade à retrouver des situations et  des incidents appartenant à un passé lointain et oublié, des événements  douloureux enfouis dans les couches les plus anciennes de cette  expérience accumulée qu’exprime la personnalité. »</em></p>
<p>Sur un  point au moins, la technique indigène semble être plus audacieuse et  plus féconde que la nôtre. K. Stewart relate une expérience qu’il eût pu  faire n’importe où dans le monde, chez l’un de ces peuples que nous  appelons primitifs. Quand il voulut tirer le malade de l’état de rêve  éveillé où il se trouvait, racontant de façon désordonnée des incidents  de son passé – conflit avec son père, transposé sous la forme mythique  d’une visite au pays des morts –, ses collègues indigènes l’en  empêchèrent. Pour être guéri définitivement, lui dirent-ils, il fallait  que l’esprit de la maladie ait fait un présent à sa victime, sous forme  d’un nouveau rythme de tambour, d’une danse ou d’un chant.</p>
<p>Selon la  théorie indigène, il ne suffit donc pas que l’infériorité sociale, due à  la maladie, soit effacée ; elle doit se transformer en avantage  positif, supériorité sociale de la nature de celle que nous  reconnaissons à l’artiste créateur. Sans doute, cette relation entre un  équilibre psychique inhabituel et la création artistique, n’est pas  étrangère à nos propres conceptions. Il y a beaucoup de génies que nous  avons traités comme des fous : Nerval, Van Gogh et d’autres. Au mieux,  nous consentons parfois à excuser certaines folies pour la raison  qu’elles sont le fait de grands artistes. Mais même les pauvres Négritos  des jungles de Bataan ont vu beaucoup plus loin dans ce domaine ; ils  ont compris qu’un moyen de dissiper un trouble mental, nuisible à  l’individu qui en est victime et à la collectivité qui a besoin de la  saine collaboration de tous, consiste à le transfigurer en œuvre d’art ;  méthode rarement utilisée chez nous, mais qui est tout de même celle à  quoi nous devons l’œuvre d’Utrillo. Il y a donc beaucoup à apprendre de  la psychiatrie primitive. Toujours en avance sur la nôtre à bien des  égards, de quel modernisme ne faisait-elle pas preuve à l’époque,  récente encore et dont la tradition est pour nous si lourde à secouer,  où nous ne savions rien faire d’autre des malades mentaux que les  charger de chaînes et les affamer !</p>
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		<title>Roberte HAMAYON, anthropologue : Le Chamanisme &#8211; Conférences</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 18:02:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>La Citrouille masquée</dc:creator>
				<category><![CDATA[Anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Chamanisme]]></category>
		<category><![CDATA[conférence]]></category>
		<category><![CDATA[Roberte Hamayon]]></category>

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		<description><![CDATA[Le chamanisme, concept construit par l&#8217;Occident Conférence donnée par Roberte Hamayon (Directeur d&#8217;Etudes émérite à l&#8217;Ecole des hautes études), dans le cadre du cycle « Le chamanisme » organisé par L&#8217;École pratique des hautes études (EPHE). Date et lieu : Le 16 mars 2010  à 18 h 30, IESR, 14, rue Ernest-Cresson. &#8211; 75014 Paris [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h4><span style="text-decoration: underline;">Le chamanisme, concept construit par l&#8217;Occident </span></h4>
<p>Conférence donnée par <a href="http://www2.ephe.sorbonne.fr/enseignants/5Hamayon.htm"><strong>Roberte Hamayon</strong></a> (Directeur d&#8217;Etudes émérite à l&#8217;Ecole des hautes études), dans le cadre du cycle « Le chamanisme » organisé par L&#8217;École pratique des hautes études (EPHE).</p>
<p><strong>Date et lieu :</strong><br />
Le <strong>16 mars 2010  à 18 h 30</strong>, IESR, 14, rue Ernest-Cresson. &#8211; 75014 Paris</p>
<h4><span style="text-decoration: underline;">Le chamanisme des peuples chasseurs de la forêt sibérienne et celui de leurs voisins éleveurs </span></h4>
<p>Conférence donnée par <strong>Roberte Hamayon</strong> (EPHE), dans le cadre du cycle « Le chamanisme » organisé par L&#8217;École pratique des hautes études (EPHE).</p>
<p><strong>Date et lieu</strong> :<br />
Le <strong>23 mars 2010</strong> à <strong>18 h 30</strong>, IESR, 14, rue Ernest-Cresson. &#8211; 75014 Paris</p>
<h4><span style="text-decoration: underline;">Interactions entre chamanismes et religions universalistes (Anthropologie)</span></h4>
<p>Table ronde en présence de <strong>Roberte Hamayon</strong> (EPHE), <strong>Jean-Luc Lambert</strong> (EPHE) et <strong>Bénédicte Brac de la Perrière </strong>(CNRS), dans le cadre du cycle « Le chamanisme » organisé par L&#8217;École pratique des hautes études (EPHE).</p>
<p><strong>Date et lieu</strong> :<br />
Le <strong>30 mars 2010</strong> à <strong>18 h 30</strong>, IESR, 14, rue Ernest-Cresson. &#8211; 75014 Paris</p>
<p><strong>Informations</strong> : Tél. : <strong>01 53 63 61 69</strong></p>
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